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Pour qui s’intéresse aux dynamiques unificatrices et centrifuges à l’oeuvre en Europe des temps modernes au XXIe siècle, l’Empire napoléonien soulève une interrogation : dans quelle mesure fut-il une expérience de construction européenne ? La question, on le sait, est en partie née du Mémorial de Saint-Hélène, dans lequel Napoléon se présente soucieux d’harmonisation administrative et juridique, attaché à la construction d’une « association européenne », d’une « patrie commune » ; même si l’affirmation relève du mythe, elle n’en désigne pas moins la problématique des rapprochements éventuels, voulus ou implicites - et de leurs limites -, au sein de l’Empire et de l’Europe.
C’est autour de cette question que nous proposons une démarche collective et internationale pour contribuer à une manière de relance historiographique, dans le prolongement des rencontres et publications Du directoire au Consulat… Aussi appelons-nous à un décloisonnement qui fasse tomber les séparations souvent fortes entre les champs de cette histoire de l’Empire (histoire du fait militaire, de l’État, des relations internationales, etc.) et réinvestisse des terrains un peu délaissés (relations économiques, dynamiques culturelles.). Nous entendons examiner les dimensions contradictoires de l’entreprise impériale et ses héritages assumés ou rejetés, au-delà de tout souci de commémoration de la saga napoléonienne. L’échelle européenne impose la décentration par rapport à la France elle-même et l’intégration à la réflexion des différents cercles dans ce premier Empire français et à ses confins (départements dans leurs différentes configurations, alliés ou ennemis européens mais aussi pays extérieurs ayant à voir avec l’Europe comme l’Empire ottoman par exemple). Pour autant nous éviterons les juxtapositions monographiques et mettrons l‘accent sur les relations entre les protagonistes et les territoires de cet ensemble.
Dans le respect de ces préalables, nous lançons un appel à communications sur les thèmes et questions suivants :
1. Penser l’Empire et l’Europe Quelles sont les acceptions des termes « empire » et « Europe » aux XVIIIe et XIXe siècles ? Qu’impliquent-elles dans les modes de penser les relations entre les peuples, les droits de l’homme, la souveraineté nationale ? Comment sont envisagés les rapports entre union et domination dans les perspectives impériales ? Dans quelle mesure peut-on parler d’un projet impérial ou d’une improvisation dominatrice ? Discerne-t-on une pensée de la conjonction Empire/Europe ? Dans ces perspectives envisage-t-on des limites à l’Empire et à l’Europe ?
2. Harmonisation et/ou unification économique dans l’Europe impériale ? Quelles furent les dimensions matérielles d’une amorce d’Europe économique : unification des marchés, infrastructures, circulations monétaires, financières ou techniques ? Quels furent les impacts des politiques fiscales ? Comment ont évolué les pratiques des frontières (contrebande, vie quotidienne…) dans les recompositions impériales ? Aux différentes échelles, quels sont les redéploiements durables en termes de secteurs d’activités, d’échanges, de modes de développement, etc. ? Quelle place faut-il faire à la conjoncture dans ces évolutions ?
3. Élaboration, acceptation et refus des pouvoirs et des normes Des tests comme les élections, les recrutements et les comportements des autorités ou des fonctionnaires, les enrôlements, etc. indiquent-ils plutôt des comportements de refus ou d’acceptation de l’emprise impériale ? Comment s’opérèrent les transpositions des normes françaises : abolitions des droits féodaux, normes juridiques, notariales ? Dans quelle mesure des expériences significatives en matière d’éducation, de cultes, de fêtes amalgament-elles habitus du cru et usages importés ? L’Empire a-t-il intégé des éléments des différents territoires ? Quelles sont les différenciations territoriales, sociales ou autres dans ces processus ?
4. Mémoires d’Empire et appartenances européennes Comment l’Empire a-t-il été pensé et reçu par les Européens des pays protagonistes ? Quel fut l’impact effectif des brassages européens de l’époque impériale : grande armée, travail, échanges culturels, etc. ? Comment furent vécues la diversité et les pratiques linguistiques ? Dans quelle mesure l’Empire a-t-il produit des mémoires partagées, conflictuelles ou communes ? Les références à la Révolution française furent-elles des facteurs de clivages ou de rapprochements dans ces mémoires de l’Empire ? Les dynamiques entre les identités plurielles (locales, régionales..) et nationales s’en trouvèrent-elles profondément modifiées?
Proposition de communication à retourner pour le 30 novembre 2010 (voir adresse ci-dessous) Nom Prénom Adresse postale Code Postal Ville Tel e-mail Situation et adresse professionnelles Institution - Équipe de recherche SUJET PROPOSÉ Titre Résumé en 10 lignes Les langues de communication seront l’anglais ou le français
Email:
irhis.recherche@univ-lille3.fr
link Ente:
www.academieroyale.be
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